
Parcours mémoriel (version téléchargeable)
Le 26 octobre 2023, au camp du Logis d’Anne de Jouques, Patricia Mirallès, secrétaire d’État chargée des Anciens combattants et de la mémoire, inaugura un parcours mémoriel destiné à « comprendre un cheminement à travers l’ancien hameau de forestage », matérialisé par neuf panneaux d’information. À cette occasion, Bruno Cassette, sous-préfet, rappela la volonté de « marquer cette mémoire et ce recueillement ».
L’histoire du site commença en 1955, lorsque l’entreprise EDF, alors propriétaire, fit construire neuf bâtiments à usage d’habitations provisoires pour loger le personnel affecté à la réalisation de l’usine hydraulique du Logis d’Anne, implantée à 12 km de Jouques, le long de la RN96. Certains de ces logements étaient des préfabriqués de réemploi datant de 1948, déjà utilisés sur d’autres chantiers.
En avril 1963, le préfet Pérony, auprès du ministère des Rapatriés, visita la cité du Logis d’Anne. Cette visite entérina le projet d’acquisition « en vue de l’installation de quelques dizaines de familles d’anciens supplétifs ». La cité fut alors rachetée par la SONACOTRA (Société nationale de construction pour les travailleurs).
Dès juillet 1963, environ 120 familles – soit près de 350 personnes – s’installèrent dans le secteur, réparties entre la cité du Forestage, la cité Phénix, la cité du Plateau et la cité EDF (cf plan ci-dessous).
Cependant, au fil des années, les conditions de vie se détériorèrent. Les logements, pour la plupart des préfabriqués, se dégradèrent rapidement. Les familles protestèrent et alertèrent sur leur situation précaire. Divers projets de réhabilitation ou de rénovation furent envisagés, mais aucun n’aboutit. Finalement, la décision fut prise de fermer officiellement le Logis d’Anne le 30 juin 1994. Les dernières familles quittèrent le site en 1998, pour se réinstaller principalement à Jouques et Peyrolles-en-Provence.
La reconstitution précise de l’histoire du camp resta difficile, les archives communales ayant été perdues. Le Logis d’Anne constitua toutefois un cas particulier, en raison de son étendue – environ 37 hectares (selon les sources, entre 23 et 27 furent ensuite classés en zone naturelle) – et de sa composition originale, qui associait une cité urbaine et un hameau de forestage.
Le 29 décembre 2012, un mémorial national dédié aux Harkis, conçu par l’architecte Cherif Lounès et réalisé par Arounthone Phimphavong, fut inauguré à l’entrée de l’ancien camp, en hommage aux familles qui y vécurent.
En 2019, la commune devint propriétaire du terrain.
En 2022, un projet de valorisation mémorielle fut engagé, fruit d’une concertation entre les services de l’État – dont la sous-préfecture d’Aix-en-Provence, la DDTM 13, l’ONaCVG – le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, la commune de Jouques et les associations harkis.
En juillet 2023, Jean-Marie Bockel, président de la commission nationale indépendante chargée de la reconnaissance et de la réparation des préjudices subis par les harkis, se rendit sur le site pour rencontrer les familles et rappeler la portée symbolique du lieu.
Sources :
- Van Bost Nathalie, Hameau de forestage de Harkis de Jouques, dit le Camp du Logis d’Anne, enquête 2019, mise à jour 2023 – (c) Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Inventaire général du Patrimoine culturel.
- Discours d’Éric Garcin, maire de Jouques, lors de l’inauguration du parcours mémoriel du 26 octobre 2023.
- Jouques, au Logis d’Anne, l’hommage aux harkis se fera encore une fois sans parcours mémoriel, La Provence, 25 septembre 2023.
- Un premier pas sur le chemin de la transmission de la mémoire, La Provence, 26 octobre 2023.
