Les sources et le Réal
Bordé au nord par une Durance agressive et trop basse pour être utile, le territoire de Jouques a beaucoup bénéficié de la présence de sources abondantes en amont (Revelette, Saint-Antonin, Fontchaude, Font-de-Pré, Le Canet, Traconnade) et d’une rivière permanente, le Réal, rivière à truites qui prend sa source sur la commune de Rians et se jette au nord, dans la Durance. La plus importante de ces sources, celle de Traconnade, a été captée à l’époque romaine pour alimenter la cité dont Jouques dépendait, Aquae Sextiae, grâce à un aqueduc d’une trentaine de kilomètres.
Outre l’eau potable, le Réal apporta pendant plusieurs siècles une énergie gratuite faisant fonctionner de multiples moulins à farine, à huile, à tan, à foulon et à papier. Il y en avait dix déjà en 1335, et leur nombre monta jusqu’à 21 au début du XVIe siècle.
La distribution de l’eau dans le village
Les fontaines
Après une longue période où les habitants du village médiéval ne disposaient que de l’eau des citernes ou d’une eau parcimonieuse puisée aux sources de la vallée, deux premières fontaines furent installées au bas du village à la fin du XVIIe siècle grâce à une conduite captant la source de Traconnade. Les fontaines se multiplièrent ensuite jusqu’au nombre de neuf, avant que l’électricité permette en 1930 d’alimenter un château d’eau construit au sommet de l’ancien castrum, permettant l’adduction d’eau dans toutes les maisons. Les fontaines continuent à offrir aux passants une eau fraiche et potable.
Six, parmi la dizaine de fontaines visibles de Jouques, sont situées sur le boulevard de la République entre le pont de Guillot à l’ouest, et le carrefour du Saint-Esprit à l’est.
En 1674, on construit deux fontaines raccordées à la Traconnade, situées aux portes de la ville : celle du Portail et celle de la Pousterle sont aujourd’hui les plus emblématiques du village.
De nouvelles fontaines sont installées au cours du XVIIIe siècle, et, à la fin du XIXe siècle, la fontaine du Saint-Esprit.
Les lavoirs
Les fontaines de la Pousterle, du Moulin, du Portail, les plus anciennes, ainsi que celle de la Fontête, alimentaient des lavoirs attenants. Celui de la fontaine du Moulin a été remplacé en 1930 par un ensemble lavoirs et douches municipaux aujourd’hui condamné. Le lavoir de la fontaine du Saint-Esprit est le seul conservé mais n’est plus utilisé.
Après l’industrialisation et à l’ère de l’urbanisation
En 1901, en remplacement de la vieille canalisation maçonnée par une conduite de tuyaux de fonte, on installe trois « petites fontaines à jet continu » à l’extrémité de la rue Saint-Pierre, à la Placette et au débouché de la rue Grande.
En 1921 la commune érige le Monument aux Morts de la première guerre mondiale construit sur un bassin. Gustave Salgé en est l’architecte et Antoine Sartorio le sculpteur du poilu, restauré en octobre 2011, c’est la dernière fontaine construite à Jouques.
Des eaux extérieures
Le canal du Verdon
Entre 1857 et 1875, le canal du Verdon fut entrepris, qui conduisait les eaux de cette rivière jusqu’à Aix-en-Provence. Dans la traversée du territoire de Jouques il apporta une certaine richesse agricole en permettant des cultures irriguées, grâce à plusieurs dérivations et aussi grâce aux multiples fuites dont il était affecté. Dans les années 1970, il fut remplacé par le Canal de Provence qui apporte lui aussi les eaux du Verdon, mais dans des conduites sous pression. Il a un usage agricole, mais aussi domestique puisque beaucoup d’habitations en bénéficient.
L’usine hydroélectrique de Jouques
Elle est l’une des vingt-deux centrales de l’aménagement hydroélectrique des bassins de la Durance et du Verdon pendant les années 1950. Située sur la route départementale 96, en bord de Durance, elle fût dessinée par l’architecte Jean Crozet pour EDF. Elle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 21 juillet 1989 et au label patrimoine du XXe siècle selon la circulaire du 1er mars 2001.
Mise en service en 1959, l’usine, adossée au relief, est du type dit « à toit ouvrant » avec portique extérieur de 120 tonnes de force, circulant au-dessus de la salle des machines. Celle-ci abrite trois turbines de type Kaplan, trois alternateurs triphasés et trois transformateurs triphasés.
Informations dues au livre : « JOUQUES, un village, son histoire » Édité par l’association ‘ Les Amis de Jouques ‘ en septembre 2006
Pour l’usine EDF : DRAC Provence Alpes Côte d’Azur – Paul Smith, dapa, 1997)